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Mots Croisés

La grille à portrait : une personnalité au cœur de la grille

Un portrait occupe le centre, la première ligne donne son nom, et plusieurs définitions se rattachent à sa vie et à son œuvre. Histoire et principe de ce format québécois.

Le principe

La grille à portrait est une variante du mot croisé classique dans laquelle un bloc de cases, réservé à l’intérieur de la grille, sert à faire apparaître le nom de famille d’une personnalité. Ce nom se lit généralement sur la première ligne du bloc réservé, lettre après lettre, une fois les cases correctement remplies. Autour de ce noyau, la grille conserve sa structure ordinaire de lignes et de colonnes entrecroisées.

Ce qui distingue vraiment ce format, c’est la présence de plusieurs définitions supplémentaires, disséminées ailleurs dans la grille, qui ne portent pas sur des mots quelconques mais sur la vie, l’œuvre ou l’époque de la personnalité désignée. Le solveur découvre ainsi, au fil de sa progression, des indices qui se répondent les uns aux autres et qui, mis bout à bout, dessinent un portrait cohérent.

Une invention québécoise

Ce format a été créé au Québec en 1981 par Maurice Hannequart. Il s’inscrit dans une tradition où le mot croisé ne se contente pas d’aligner des définitions indépendantes, mais construit un fil conducteur autour d’un sujet central. L’idée d’y loger une personnalité, reconnaissable à son nom inscrit dans la grille elle-même, a marqué durablement la façon dont ce genre de grille thématique est conçu et pratiqué.

Sur ce site, les grilles construites selon ce principe sont proposées sous le nom de grille experte. Le principe de fond, celui d’un portrait dissimulé dans la structure de la grille, reste fidèle à cette origine historique.

Repérer la structure

Une grille experte se reconnaît d’abord à son bloc réservé, souvent situé en haut de la grille, dont la première ligne, une fois complétée, livre le nom de famille de la personnalité mise à l’honneur. Les autres lignes de ce même bloc peuvent contenir des éléments complémentaires, comme un prénom ou une date, selon la construction retenue par le grilliste.

Le second signal, tout aussi important, tient à la présentation des définitions elles-mêmes. Les indices qui se rapportent à la personnalité sont traditionnellement imprimés en italique dans la liste des définitions, ce qui permet de les distinguer d’un simple coup d’œil des définitions ordinaires. Cette convention typographique est ce qui rend le format immédiatement lisible, même avant d’avoir identifié qui se cache derrière le portrait.

La méthode de résolution

La façon la plus efficace d’aborder une grille experte consiste à traiter d’abord les définitions ordinaires qui croisent le bloc réservé. Chaque lettre ainsi obtenue rapproche un peu plus de la lecture complète du nom de famille sur la première ligne. Il n’est pas nécessaire d’avoir toutes les lettres pour deviner de qui il s’agit : un nom partiellement révélé suffit souvent, surtout si le domaine de la personnalité se laisse deviner par ailleurs.

Une fois l’identité pressentie, les définitions en italique changent de nature : elles cessent d’être des énigmes isolées pour devenir les pièces d’un ensemble cohérent. Connaître le sujet permet d’anticiper le sens probable de ces indices thématiques, ce qui accélère leur résolution et, en retour, aide à confirmer ou à corriger l’identification initiale. Les deux mouvements, la lecture du nom et la lecture des indices thématiques, se renforcent mutuellement jusqu’à la complétion de la grille.

Des figures de la culture générale

Les personnalités choisies pour ce type de grille appartiennent le plus souvent à la culture générale au sens large : écrivains, peintres, compositeurs, savants, et d’autres figures dont l’œuvre ou la vie ont laissé une trace suffisamment documentée pour nourrir plusieurs indices distincts. Ce choix n’est pas anodin, puisqu’il faut que la personnalité retenue offre assez de matière, biographique ou artistique, pour justifier plusieurs définitions thématiques cohérentes.

Pour le solveur, cette diversité de domaines est aussi ce qui rend l’exercice stimulant : reconnaître un nom de plume, un titre d’œuvre ou un détail biographique fait appel à des connaissances qui dépassent le seul vocabulaire, et récompense une curiosité entretenue au fil du temps plutôt qu’un savoir strictement encyclopédique.

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